ESSAI: Textron Offroad Prowler PRO XT 2019.  Un vrai utilitaire chez Textron!

ESSAI: Textron Offroad Prowler PRO XT 2019. Un vrai utilitaire chez Textron!

18 novembre 2018 Non Par Quadiste.net

Il y a des moments dans la vie où il faut mettre de côté nos préconceptions pour pouvoir apprécier une machine à sa juste valeur. C’est le cas spécialement pour cet essai. Je n’ai jamais été un admirateur de la plateforme Prowler du temps d’Arctic Cat alors que les motorisations n’étaient pas toujours bien adaptées et la finition parfois bâclée. Bref, je n’aimais pas beaucoup ces modèles. Textron Off Road a gagné beaucoup de points dans mon calepin
depuis la dernière année. Le fabricant a fait le ménage de fond en comble dans sa division de véhicules hors route Arctic Cat. Maintenant, vous allez commencer à voir de quoi est capable le géant Textron avec ses moyens et l’expertise qu’il a accumulée ailleurs. Après tout, si Textron est capable de bâtir les meilleurs hélicoptères au monde, il devrait être capable de concevoir des côte à côte de qualité, non?

Avant tout, La vidéo!

La réponse à cette question, c’est : OUI!

Le Prowler Pro XT est, à mon avis, le premier autoquad 100% Textron. Le Wildcat XX était là avant, vous dites? Non, c’est un design d’Arctic Cat que Textron a mis un an à peaufiner pour être viable, mais c’est un « chat » à la base. Le Stampede? Le Havoc? Non plus, ils sont dérivés de la plateforme de Bad Boy Motors, une acquisition de Textron datan de quelques années. Alors, pourquoi j’en fais tout un plat?

Mon côté technique « maniaco critique » a rarement été complètement satisfait des produits Arctic Cat, exception faite du Wildcat Trail. Pour cette rare fois, le Prowler Pro XT a chatouillé mon intérêt dès que Simon, le représentant de Textron Off Road Canada, l’a sorti de la remorque. Il manquait quelque chose : du bruit
mécanique! Pas de bruit, pas de grincements, rien! Vous avez
toute mon attention maintenant, Textron!

Et hop! Dans la remorque!

Notre essai s’est déroulé à Mascouche dans les sentiers du Club Quad les Randonneurs. Ce bout de terrain de jeu d’une trentaine de kilomètres au nord-est de Montréal, qui fait partie de la Trans-Québec en hiver, est parfait pour ceux qui veulent aller faire un p’tit tour dans de beaux sentiers bien
entretenus, question de nourrir les passionnés de quad sans faire 100 km de remorquage.

MOTEUR

Il y a du nouveau, côté motorisation : un trois-cylindres à essence est maintenant offert. Le moulin de 812 cc m’était familier dès que j’y ai jeté un coup d’oeil, mais je n’étais pas capable sur le moment de l’identifier. Ça me « trottait » dans la tête jusqu’à ce que je lui fasse faire quelques tours de
roues. Hah! ha! Ça m’est revenu! C’est un moteur Chery! Je le savais que je reconnaissais ce son particulier! En fait, l’absence
de son! Cette motorisation était offerte chez un autre constructeur jusqu’à récemment.

Fabriqué en Chine et installé dans une multitude de petits véhicules de tous genres qu’on ne verra jamais ici au Québec, ce moteur s’apparente plus à une mécanique de type automobile japonaise de la fin des années 80. Il est plus silencieux que celui de la Mazda 3 de ma conjointe! Textron a mis beaucoup d’efforts pour assurer le silence mécanique du trois-cylindres avec une entrée d’air de type Donaldson insonorisée et un échappement multi-chambres massif qui fait un excellent travail en éliminant presque le bruit généré par les explosions d’essence. C’est pas très très sexy comme son et le mâle alpha ne sera pas excité par la note de l’échappement de cette motorisation, mais je connais des chasseurs et des fermiers qui en seront plus que satisfaits. Avec 50 ch, je vous assure qu’il ne s’agit pas d’une motorisation de performance, mais elle est superbement bien adaptée pour le rôle auquel le Prowler Pro est destiné. C’est une histoire de couple! Non pas de votre couple, voyons! Du couple moteur! La puissance est livrée de façon très progressive.

Appuyez à fond sur l’accélérateur et vous allez graduellement accélérer jusqu’à la limite électronique de 80 km/h. C’est d’une douceur que je n’avais jamais perçue jusqu’ici. Le tout avec le son subtil d’une petite voiture japonaise. Ultra-silencieux, coupleux, linéaire et superbement bien
adapté à un côte à côte utilitaire, il est aussi incroyablement peu gourmand en essence. Sur une centaine de kilomètres, nous avons à peine fait bouger la jauge d’essence.

Un score parfait côté moteur!

ENTRAÎNEMENT PRIMAIRE ET TRANSMISSION

L’excellent moteur est relié à un entraînement CVT direct (dry clutch) de Team Industries, qui est parfaitement calibré pour tirer avantage de sa plage de couple. Même s’il faut appuyer franchement sur l’accélérateur pour l’engager, la prise initiale est douce et souple. Un détail intéressant : la CVT est
très silencieuse, et ce, même avec la prise d’air qui est située directement derrière le conducteur. Ç’en est déconcertant! On croirait presque qu’il s’agit d’une transmission automatique de type automobile.

Du côté de la transmission, c’est encore une fois très bien exécuté par Textron. Les ratios sont bien adaptés pour le moteur et la CVT, le tout sans artifices, bruits ou silement agaçants. La sélection des rapports est effectuée avec un levier monté sur la colonne de direction, comme sur mon pick-up. Le levier est rudimentaire, mais il est précis. Donc, la sélection se fait correctement la première fois.

DIFFÉRENTIELS ET MODE 4X4

Le Prowler Pro fait un peu bande à part chez Textron, comme ses frères le Stampede et le Havoc, en offrant un mode 4×4 avec le pont avant autobloquant. Pas de 4×4 verrouillé ici et c’est bien dommage sur une machine destinée principalement au travail. Ça fonctionne correctement. Mais dans ce genre de machine, c’est presque obligatoire. Le différentiel arrière est muni d’un mode de verrouillage électrique, appelé « turf mode » chez nos voisins du Sud. On peut, avec un interrupteur monté sur la gauche du tableau de bord, déverrouiller celui-ci pour n’avoir qu’une seule roue motrice à l’arrière. Pour rouler sur les sentiers fédérés, c’est le mode à utiliser afin d’obtenir un maximum de douceur. Je me répète, le tout est absolument silencieux. On n’entend rien du tout des différentiels à n’importe quelle vitesse.

Réussi de ce côté.

SUSPENSION ET DIRECTION

La suspension est un autre domaine où le Prowler Pro est tout nouveau. Rien de révolutionnaire non plus, mais à l’arrière la configuration est spéciale. Les bras inférieurs sont fixés à l’opposé du cadre. Le bras inférieur droit est fixé complètement à gauche et vice versa. Ils sont donc très longs versus les bras supérieurs. Cette configuration permet aux roues arrière de rester bien droites lorsque la benne est chargée et en remorquage pour un comportement stable et neutre. À l’avant, c’est classique avec des bras en « A » et une barre antiroulis. Le débattement est de 25 cm et la garde au sol est un peu juste avec seulement 27 cm. Le comportement est stable et neutre avec les amortisseurs au gaz et le roulis en virage est quasi inexistant. Ça fonctionne bien est c’est ça l’important.

En sentier, c’est agréable et compétent.

C’est du côté de la direction que ça se gâte juste un peu. J’appelle ça l’effet « guimauve ». C’est flou, mou et ça ne répond pas comme on s’y attend. Oui, je sais, c’est un utilitaire. Mais si je compare avec les autres modèles que j’ai essayés, c’est le point que j’aime le moins du Prowler Pro. J’ai l’impression
d’être déconnecté de ce qui se passe avec le train de roues avant lorsqu’on roule pour le plaisir. C’est bien dommage, car le reste de l’ensemble mécanique m’enchante. Peut-être qu’un peu moins d’assistance du système DPS réglerait en partie ce sentiment de flou!

Dans le domaine des freins, c’est parfait. Muni d’étriers avant à double piston et simples à l’arrière, le Prowler Pro freine comme une voiture. Faciles à moduler dans toutes les conditions, on l’oublie tellement il est bien balancé. J’aime beaucoup « oublier » une composante, c’est un signe que le travail des ingénieurs a été bien fait. Dans le cas de notre modèle d’essai, c’est réussi.

PNEUS et ROUES

Le modèle XT de la gamme Prowler Pro offre, en plus de la direction assistée, un ensemble de roues de 12 po en aluminium d’excellente qualité qui, sans être criardes, sont de très bon goût. Peintes de la même teinte de gris que la carrosserie de notre modèle d’essai, elles habillent le Prowler et lui rendent une apparence plus typique aux pick-up. Enfin il y a un manufacturier qui a compris à quel point les pneus de base sont importants pour que le client apprécie une machine à sa juste valeur! La monte de pneus de 12 po Armstrong Pro Terrain complète parfaitement l’excellente suspension du Prowler. Bien qu’il ne s’agisse pas de pneus radiaux, leur comportement en sentier est excellent. La gomme est assez molle d’ailleurs pour offrir des performances adéquates en hiver. Chapeau sur ce point, Textron.

STRUCTURE ET ASSEMBLAGE

Un point que j’ai toujours critiqué chez Arctic Cat par le passé, c’est l’impression que les carrosseries semblaient avoir été assemblées à la va-vite. Les panneaux désalignés et les bruits de vibrations étaient omniprésents sur tous les modèles d’autoquads portant l’emblème du chat. Pas dramatique, mais si on compare avec ce qui est offert ailleurs, c’était un des points faibles de la marque. Je me réjouis de constater que ce n’est pas le cas du nouveau Prowler. De la conception du cadre rigide avec des soudures de qualité jusqu’à l’assemblage des panneaux de la carrosserie, tout est parfaitement exécuté et digne de mention.

CARROSSERIE ET ESTHÉTIQUE

OK, ce n’est pas un Wildcat XX, mais le look général du Prowler me plaît. Il donne l’impression d’une petite camionnette. L’ancien modèle tentait trop à mon avis de ressembler aux quads de la gamme. Nous avons droit maintenant à une devanture avec une grille et des phares de type automobile. Et surprise! Un pare-chocs en acier épais et de solides crochets de remorquage de série qui permettent d’arrimer le Prowler facilement sur une remorque! Le style est réussi, de
même que l’exécution. Un utilitaire avec un look attrayant sans être criard ni trop fade. C’est bien réussi de ce côté, à mon avis.
L’énorme benne basculante à l’arrière est tout aussi bienréussie et permettra une charge totale de plus de 450 kg
(1000 lb).

Un seul bémol de ce côté : je n’aime vraiment pas les loquets pour verrouiller la porte de la benne. Un système de loquets de type pick-up serait moins exposé et plus esthétique. La cage de protection est bien réussie et offre la possibilité d’y installer un nombre impressionnant d’accessoires du manufacturier. Une cabine fermée complète est d’ailleurs offerte pour ceux qui préfèrent rester à l’abri des intempéries.

INTÉRIEUR ET ERGONOMIE

Le Prowler Pro est un utilitaire conçu premièrement pour travailler et cela se reflète à l’intérieur de la cabine. Spartiate ne veut pas dire de mauvaise qualité dans ce cas. C’est euh, dénudé. Il n’y a que quelques commandes sur le tableau de bord et le centre d’informations rond typique de la marque. Il y a du rangement, par contre : une boîte à gants de bonne grandeur où il entre plus qu’un mouchoir, des tablettes sous le tableau de bord, deux porte-gobelets et un espace logeable derrière les sièges qui, eux, sont amovibles (passagers) pour pouvoir transporter un gros article sur le plancher plat de la cabine. La position de conduite est droite, mais les sièges sont quand même confortables. J’adore le levier de sélection de rapport de type pick-up et la prise en main du volant ajustable est bonne. Mais tout n’est pas rose! Les micro portes ne protègent pas des branches, des intrusions et de la boue. Le mécanisme de
fermeture nécessite que la portière soit claquée fortement pour qu’il s’engage. (Ajustement à faire peut-être?)

CONCLUSION

Je crois franchement que cet autoquad utilitaire est un signe de changements instaurés par Textron. J’ai toujours cru qu’Arctic Cat aurait pu faire mieux et Textron nous le prouve à chaque nouveauté offerte depuis l’achat du manufacturier américain.

Dans le cas du Prowler Pro XT qui, à mon avis, est le premier autoquad 100 % Textron, on peut constater que les ingénieurs ont retroussé leurs manches et amélioré dramatiquement la qualité des composantes et l’assemblage final. C’est une réussite globale, côté qualité, de la part de l’usine de Thief River Falls aux É.-U. Il ne manque que quelques petits bogues à régler et le Prowler Pro pourrait devenir une référence dans ce domaine.

Le choix de la motorisation est un facteur important dans mon appréciation du Prowler. Le trois-cylindres ultra silencieux est installé dans un véhicule bien assemblé avec des composantes de qualité et une finition de qualité impressionnante. Cela hisse le Prowler Pro XT 2019 dans la catégorie
des gros joueurs du marché et, dans ce cas, c’est bien mérité.

Avec un prix de 15 995 $, le ratio prix-performancequalité est excellent. Tellement bon que les concessionnaires ont de la difficulté à le garder dans leurs salles de montre.

BRAVO TEXTRON!

Il faut l’essayer pour l’apprécier à sa juste valeur!

LA COMPÉTITION

Can-Am Defender 800/1000
Polaris Ranger 900/1000
Honda Pioneer 1000
CFMoto UForce 800
Yamaha Rhino 700
Kawasaki Mule Pro XT